Source : igdb
Le premier trailer de Left 4 Dead 2 n’aurait pas circulé par accident. D’après Chet Faliszek, ancien scénariste de Valve, le studio aurait volontairement présenté sa vidéo comme une fuite afin d’éviter un blocage de l’ESRB, l’organisme américain chargé de l’évaluation des jeux.
Cette révélation intervient dans une vidéo consacrée à des répliques retirées de la série. Elle remet en lumière les difficultés rencontrées par Valve avant la sortie du jeu de tir coopératif en 2009.
Un conflit autour de la violence et du contenu du jeu
Selon Faliszek, Valve échangeait alors avec plusieurs autorités de classification. Les discussions portaient notamment sur la violence, le gore et les grossièretés présents dans Left 4 Dead 2. L’ESRB n’était pas le seul organisme concerné : l’Australie et l’Allemagne faisaient également partie des territoires posant problème au studio.
Le développeur avait déjà dû modifier un visuel promotionnel montrant une main dont trois doigts semblaient avoir été dévorés. L’image devait évoquer le chiffre deux, mais l’ESRB s’y était opposé. La version finale dissimulait simplement les doigts concernés, repliés sous la main.
Une vidéo diffusée sans validation préalable
Plutôt que de soumettre le trailer à une nouvelle procédure, Valve aurait donc choisi de le faire apparaître en ligne comme un contenu non officiel. Chet Faliszek assure lui-même avoir participé à cette opération, tout en estimant que le temps écoulé depuis les faits réduit aujourd’hui les risques de conséquences.
La séquence n’est toutefois pas restée un simple élément de communication clandestine. Elle a ensuite été utilisée comme cinématique d’introduction du jeu. Left 4 Dead 2 a finalement obtenu une classification M de l’ESRB, et non la catégorie AO, plus restrictive, attribuée à Manhunt 2 quelques années auparavant.
Une sortie allemande très tardive
Les tensions autour du contenu ne se sont pas limitées au lancement. Sorti en 2009, le jeu n’a été commercialisé sans coupures en Allemagne qu’en 2021, après une réévaluation demandée par Valve auprès des autorités locales.
Cette histoire reste fondée sur le témoignage rétrospectif de Chet Faliszek. Elle montre néanmoins jusqu’où Valve aurait été prêt à aller pour présenter son trailer et préserver l’identité particulièrement sanglante de Left 4 Dead 2.
