Photo : Pascal / Pexels
Une nouvelle faille remet le jailbreak de la PS5 sous les projecteurs. Sur les réseaux, des consoles font tourner des applications non officielles ou des émulateurs, et certains y voient le retour de l’âge d’or de la PSP et de la DS. La réalité est très différente: pirater une PS5 est illégal, interdit par Sony, et surtout un très mauvais calcul.
Une faille réelle, mais limitée et capricieuse
La PS5 n’a rien d’une passoire. Sony a bâti la console sur une architecture dérivée de FreeBSD, avec des puces dédiées à la sécurité et au chiffrement matériel. Pour passer outre, les hackers doivent enchaîner plusieurs vulnérabilités très précises, et aucune ne marche sur toutes les machines.
La dernière méthode connue ne concerne que les consoles tournant sous un firmware compris entre 7.00 et 13.60. Toute PS5 passée au firmware 14.00.00, déployé par Sony le 16 septembre, y échappe. Et même sur les versions touchées, l’astuce n’est pas persistante: à chaque extinction ou redémarrage, les modifications disparaissent. Difficile d’y voir une expérience de jeu confortable.
Le vrai prix : rester bloqué dans le passé
Garder un accès au jailbreak oblige à refuser toutes les mises à jour du système. Or les éditeurs exigent de plus en plus un firmware récent pour lancer leurs jeux. Résultat: les grosses sorties vous passent sous le nez.
Cela vaudra pour GTA 6, qui arrive en novembre. Notre article sur la manière dont Rockstar a transformé la Floride en terrain d’observation montre à quel point ce rendez-vous est attendu. Même un jeu déjà sorti comme Marvel’s Wolverine pose problème: son disque demande le firmware 13.40, mais sa première mise à jour exige déjà le 14.00.
Ce que vous perdez au quotidien
- Le PSN, définitivement: connecter une console modifiée aux serveurs officiels déclenche les protections anti-triche. C’est le bannissement, avec à la clé la perte du jeu en ligne, de la bibliothèque dématérialisée, des sauvegardes cloud et des applications de streaming.
- Les correctifs et les DLC: la plupart des jeux récents reçoivent des patchs dès leur sortie. Sans mise à jour officielle, vous jouez à des versions bancales, jamais améliorées, sans leurs extensions.
Le risque de la brique à plus de 500 euros
Toucher au système d’une console peut aussi la tuer. Une erreur de code ou un plantage au mauvais moment pendant l’écriture dans la mémoire flash suffit à corrompre le démarrage. La PS5 reste alors figée sur sa lumière bleue clignotante et ne s’allume plus: c’est le « bricking ». Votre console devient un presse-papiers hors de prix.
Ne comptez pas sur Sony pour vous dépanner. Toute altération logicielle entraîne la perte de la garantie, et une panne matérielle sans rapport sera elle aussi refusée par le SAV.
Piratage et malwares: l’autre danger
Les jeux piratés récupérés sur des forums douteux peuvent contenir des logiciels malveillants. Au-delà de la console, ils peuvent servir de porte d’entrée pour infecter le réseau de votre domicile.
Alors, ça vaut le coup ?
Non. La faille intéresse surtout les bidouilleurs, pas les joueurs. Entre une manipulation instable, un ban du PSN et des jeux injouables, la PS5 modifiée coûte bien plus qu’elle ne rapporte. Si vous voulez réellement économiser, mieux vaut suivre les prochains prix, comme l’évolution du coût des composants qui plane sur le prix de la PS6.
