Le phénomène GTA VI cristallise toutes les passions, et même le patron de Take-Two sent la pression monter. Strauss Zelnick l’a expliqué à Bloomberg News lors de l’Interactive Innovation Conference à Las Vegas : la ferveur autour du projet est aussi grisante qu’intimidante. Après deux reports d’un lancement initialement visé l’année dernière, Rockstar Games avance vers la sortie avec un projecteur braqué sur chaque détail.
Des projections démentielles et un seuil d’échec inédit
Les spécialistes s’enflamment : certains anticipent plus de 25 millions d’exemplaires écoulés dès le premier jour pour Grand Theft Auto VI. Dans ce contexte, atteindre « seulement » 10 millions — un exploit pour la plupart des concurrents — serait perçu comme un énorme revers pour ce mastodonte signé Rockstar Games, filiale de Take-Two. Zelnick résume l’ambition maison : proposer une expérience véritablement nouvelle au public. L’enjeu est colossal, car tout résultat inférieur à un succès retentissant serait vu comme une déception par les analystes et investisseurs. La sortie, d’abord ciblée l’année dernière, a déjà été repoussée à deux reprises, ce qui ne fait qu’aiguiser l’appétit — et les exigences — d’une communauté prête à scruter le moindre pixel.
Coûts en hausse, IA omniprésente et pari du très haut de gamme
Chez Take-Two, la stratégie est claire : viser des hits majeurs, quitte à investir massivement là où d’autres se contentent d’objectifs plus modestes.
Zelnick rappelle que les coûts de développement grimpent sans relâche, tandis que l’influence de l’IA se renforce sans avoir, pour l’instant, fait baisser la facture. L’objectif demeure de livrer le divertissement de la plus haute qualité au monde — un cap exigeant qui se paie.
Il assume un « jeu à haut risque » pour gros acteurs, et souligne que les équipes créatives sont encouragées à poursuivre leurs ambitions avec des moyens financiers et humains à la hauteur, dans une quête de perfection. Clin d’œil personnel, il a plaisanté à propos du mariage de son fils en juin, évoquant un budget illimité… déjà dépassé.
Pourquoi d’abord PlayStation et Xbox, puis le PC ?
Contrairement à bon nombre de sorties actuelles, Grand Theft Auto VI arrivera d’abord uniquement sur PlayStation et Xbox.
Une version PC est attendue ultérieurement, conformément aux habitudes de Rockstar, un choix qui paraît audacieux au vu du poids pris par le PC. Zelnick rappelle qu’en 2007, le PC ne représentait peut-être que 5 % des ventes pour NBA 2K ; aujourd’hui, pour un gros titre, le PC peut peser 45 à 50 %. Pourquoi ne pas lancer simultanément ?
Selon lui, Rockstar débute systématiquement par les consoles pour satisfaire en priorité son cœur de cible — et cela n’a rien à voir avec l’accord marketing avec Sony Group Corp. Bonne nouvelle pour Take-Two : il y aura peut-être deux temps forts, une sortie console en novembre prochain, puis un second souffle au moment de l’arrivée sur PC, susceptible d’encourager même un double achat chez certains joueurs.
Entre des attentes stratosphériques et une stratégie assumée, GTA VI se dirige vers un lancement qui pourrait marquer l’industrie. Zelnick reste confiant et laisse le marché trancher, tandis que les fans comptent les jours avant de plonger, manette en main, dans le prochain chapitre de la saga.
