Le Centre National du Cinéma et de l’image animée a annoncé la suspension de son fonds d’aide aux créateurs de contenus web, sans date de reprise. Trois millions d’euros d’aides annuelles sont gelés, touchant YouTubeurs et streameurs qui pouvaient en bénéficier pour financer leurs projets.
Le déclencheur : une commission pas si neutre
Tout part d’une prise de parole de la streameuse Ultia, membre de la commission qui attribue ces aides. Lors d’un live Twitch, des extraits sont capturés dans lesquelles elle reconnaît ouvertement que ses affinités personnelles influencent ses votes, et qu’elle refuserait des dossiers portés par des créateurs qui ne partagent pas ses opinions politiques.
Des propos qui posent une question simple : comment une commission censée distribuer des fonds publics peut-elle être composée de membres qui assument publiquement leurs biais ?
Le CNC a fini par écarter Ultia, mais trop tard pour éviter la tempête. L’institution s’est retrouvée à son tour dans le viseur, accusée d’avoir laissé s’installer ce type de fonctionnement. Face aux attaques visant ses agents, elle a suspendu l’ensemble du dispositif.
Un fonds public, des règles opaques
L’affaire met en lumière un problème plus large. Depuis 2017, ce fonds tente d’appliquer aux créateurs web des critères hérités du cinéma, via des commissions dont la composition et les critères de sélection restent peu transparents pour le grand public.
Qui siège dans ces commissions, selon quels critères, avec quelle garantie de neutralité ? Ces questions, longtemps ignorées, sont maintenant sur la table.
La suspension : une réponse mais pas une solution
Geler le fonds règle le problème à court terme pour le CNC, mais ne répond pas aux interrogations soulevées. Si une commission chargée de distribuer de l’argent public peut fonctionner avec des membres qui reconnaissent leurs préférences idéologiques, c’est le cadre entier qui mérite d’être revu, pas juste suspendu.
