Source : igdb
Roman Sands Re:Build est le genre de jeu qui refuse les cases faciles. Développé par Arbitrary Metric et édité par Serenity Forge et Beep Japan Inc., ce titre indépendant propose une aventure en deux parties, reliées par une même obsession : que sommes-nous prêts à endurer pour maintenir une existence en état de marche ? Disponible sur PC, PlayStation 4, PlayStation 5, Nintendo Switch et Xbox Series X/S, il transforme les tâches ordinaires en véritable descente mentale.
Un séjour balnéaire placé sous le signe de la servitude
Le premier acte installe le joueur sur la plage d’une station touristique maudite. Chaque journée consiste à satisfaire quatre résidents particulièrement pénibles, en enchaînant le ménage, les commissions, les massages ou encore la préparation de boissons. Le temps est limité, les personnages changent de position et chaque déplacement doit être calculé pour gagner en efficacité.
Cette routine n’est pas un simple prétexte à l’exploration. Elle constitue le cœur du jeu : Roman Sands Re:Build reproduit la fatigue, l’automatisation des gestes et la satisfaction paradoxale que l’on peut ressentir en venant à bout d’une longue liste de corvées. Des énigmes inspirées de Myst ajoutent une dimension plus classique à l’ensemble, même si certains mécanismes manquent de clarté, notamment à la manette.
Un second acte plus froid et nettement plus oppressant
Après cette parenthèse balnéaire saturée de couleurs vaporwave et d’effets glitchcore, l’aventure bascule dans une station de recherche en déclin. Le joueur doit y gérer la circulation de l’oxygène, manipuler des vannes et réparer différents systèmes tout en affrontant une menace parasitaire. L’ambiance devient alors silencieuse, claustrophobe et volontairement hostile.
Les interfaces évoquent clairement certains ordinateurs de Neon Genesis Evangelion, tandis que les liens entre les deux environnements se dévoilent progressivement. Cette partie demande davantage de tâtonnements et ralentit fortement le rythme. Elle peut frustrer, mais son inconfort sert le propos général : les deux actes examinent, chacun à leur manière, le prix du soin, de la maintenance et du sacrifice.
Roman Sands Re:Build ne cherche donc pas à plaire au plus grand nombre. Sa bande-son drum and bass, ses systèmes atypiques et son humour noir accompagnent une expérience exigeante, parfois laborieuse, mais difficile à oublier. Une proposition singulière pour les joueurs attirés par les puzzles, les simulations immersives et les récits qui préfèrent déranger plutôt que rassurer.
