Le Game Pass serait l’une des causes majeures des difficultés de Xbox. C’est en tout cas ce qu’affirme Asha Sharma, la PDG de la division jeux vidéo de Microsoft, dans une note interne. Elle y décrit une marque tombée en « chute libre », tout en jurant que le cap est désormais redressé.
Une note interne qui accuse Call of Duty et le Game Pass
Le document a été obtenu par Windows Central. Jez Corden, qui a révélé son existence, explique que Sharma y attribue le déclin de Xbox à Call of Duty et au Xbox Game Pass.
Le raisonnement tient la route. Après le rachat d’Activision Blizzard pour 69 milliards de dollars, Call of Duty a rejoint l’abonnement, dont les tarifs ont ensuite fortement augmenté. Résultat probable: des abonnés partis, et des ventes du jeu en baisse. Pourquoi payer environ 70 € le dernier épisode quand un abonnement mensuel y donne accès?
Le contexte est lourd. Xbox sort d’une année 2026 très difficile, avec près de 2 000 suppressions de postes, des licenciements massifs et des fermetures de studios, l’une des restructurations les plus importantes de l’histoire du jeu vidéo.
« Nous avons renoué avec la croissance »
Malgré ce constat sévère, Sharma se veut rassurante dans la même note. Selon elle, Xbox a touché un niveau historiquement bas avant de repartir, avec un chiffre d’affaires deux à trois fois supérieur à celui d’avant, et cette tendance devrait se poursuivre.
Elle avait aussi confié à Bloomberg que Xbox avait relancé le Game Pass après huit mois de déclin, avec une fidélisation en hausse. Le succès apparent de World of Warcraft Forever, côté Blizzard, y contribue sans doute.
Ses premières décisions à la tête de Xbox, après avoir succédé à Phil Spencer, vont dans ce sens: baisse du prix du Game Pass et fin de l’accès day one aux nouveaux Call of Duty dans l’abonnement.
Les chiffres du Game Pass sont loin des objectifs
Les ambitions d’origine semblent bien loin. Selon le Wall Street Journal, Microsoft tablait sur environ 77 millions d’abonnés cette année, contre quelque 30 millions aujourd’hui. Lors du procès de la FTC en 2023, la firme visait 100 millions d’abonnés d’ici 2030, un objectif désormais très improbable.
Lors de l’annonce des licenciements cet été, Sharma reconnaissait déjà que l’activité n’était pas florissante. Elle évoquait des marges 3 à 10 fois inférieures à celles des concurrents du secteur, une base installée plus réduite sur la neuvième génération de consoles, et un Game Pass dont la croissance n’avait pas été à la hauteur. Elle ajoutait que l’industrie traversait la crise matérielle la plus grave de son histoire, et qu’il fallait repenser la stratégie globale de Xbox. Une réflexion qui rejoint celle autour de la prochaine génération de machines, entre PS6 et Xbox Helix.
Vers un Game Pass moins cher, mais plus limité ?
Xbox semble vouloir rendre l’abonnement plus accessible, avec des contreparties. Le mois dernier, des rumeurs évoquaient de nouvelles formules sans jeux day one, avec ou sans publicité. Microsoft a aussi déposé un brevet prévoyant des coupures publicitaires pendant les parties en échange de temps de jeu supplémentaire.
Le prix reste la clé. La formule avec pub circulerait à 12,99 $, un tarif jugé élevé alors que l’offre Essential est aujourd’hui à 9,99 $ (8,99 € en France). Si Microsoft parvenait à descendre nettement en dessous, un Game Pass allégé et financé par la publicité pourrait séduire de nouveaux joueurs, ce qui semble être le but de Sharma. Pour mesurer l’évolution du service, vous pouvez relire notre bilan de la fin d’avril 2026 sur le Game Pass.
Quel avenir pour le Game Pass ?
Beaucoup de questions restent ouvertes. Microsoft retirera-t-il tous les jeux day one de l’abonnement? The Elder Scrolls 6 y sera-t-il disponible dès sa sortie? Et le prochain Halo principal? Le Game Pass pourrait aussi se rapprocher du PlayStation Plus de Sony, sans les exclusivités au lancement. Autant d’éléments qui s’inscrivent dans la stratégie plus large du constructeur, dont le cap maintenu pour la génération Xbox Series jusqu’en 2027.
